Tectonique des plaques professionnelles. 1-Mise en relief
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TECTONIQUE DES PLAQUES PROFESSIONNELLES. 1-Mise en relief.
Les débats politiques ont une utilité. Ils montrent les causes, la multiplicité et l’imbrication de nos difficultés. Ils laissent entrevoir, leurs conséquences à court, moyen et long termes, que nul ne saura maîtriser, et surtout pas les prétentieux.
Les débats et les guerres des religions politiques ont pour effet immédiat de mettre les entrepreneurs dans l’expectative, l’économie en état d’expectance, les partis dans l’expectantisme, les expectants de quelque sinécure, en insatiable appétit.
Il est certes bien difficile de faire une campagne électorale en se taisant. Mais ceux qui promettent monts et merveilles semblent ignorer que toute communication sur la crise, toute mise en cause des mesures prises ou envisagées, figent le recrutement qui est l’une des formes essentielles de l’investissement. Il manque aux « grands » d’avoir à payer, sur leurs deniers, la facture de l’effet inhibiteur de leurs propos. Leur inaction et leurs agitations obèrent les résultats de long terme.
Ceux qui font profession de mettre en rapport offreurs et demandeurs d’emploi s’intéressent à ce qui, en leur amont et en leur aval, conditionne leur activité. Donc à l’économie et à la politique. Ils savent que le marché de l’emploi n’est pas un simple jeu de billard américain qui consisterait à pousser des boules dans des trous.
Réalités et pratiques sont tout autres. Les activités et la division du travail sont en perpétuel remaniement. La lenteur de certaines évolutions professionnelles masque les changements et favorise les assoupissements. Que les endormissements soient lents, ou rapides comme ceux de Gaston Lagaffe qui s’endormait en sursaut au bureau, les réveils sont brutaux et douloureux.
Le monde est rarement tel qu’on l’a laissé la veille. Le soleil ne se couche jamais sur l’économie mondialisée.
Certains secteurs de l’économie sont stables. Ainsi en est-il de « l’ingénierie » de la coiffure. Une coupe de cheveux reste à peu près ce qu’elle fut toujours. Bien qu’elle s’assaisonne de produits et de services nouveaux et de connaissances nouvelles, elle requiert à peu près la même quantité de main d’œuvre et le même savoir faire de base.
Autour de quelques môles économiques inamovibles, liés aux besoins essentiels de la vie, s’entrechoquent ou interfèrent la multitude des professions en évolution interne mais aussi en perpétuel mouvement relatif.
L’économie obéit aux règles et contraintes d’une sorte de tectonique de plaques professionnelles en perpétuel travail d’enfantement. En voici quelques exemples.
La médecine humaine, la médecine vétérinaire, la pharmaceutique, l’odontologie, l’imagerie et l’appareillage d’investigation, la prothèse, le thermalisme, les soins corporels, coopèrent, s’allient ou s’opposent selon les circonstances, selon les objets, selon les intérêts.
Les plaques technologiques éclatent sous les effets de la mondialisation, de la sous-traitance, du durcissement des plaques financières métamorphiques.
Les plaques managériales tantôt suivent les mouvements, tantôt entrent en subduction, sont laminées, cisaillées, fracturées.
À la jonction des plaques surgissent des éruptions, des séismes, des reliefs nouveaux.
À la lumière des réalités, le billard américain apparaît quelque peu tourmenté. Tout y bouge. Rien n’y est plan. Des trous changent de forme, de dimension, se bouchent ou se créent. Les boules à caser ne sont pas passives. Elles ont leur idée, parfois fausse, de ce que devrait ou pourrait être leur parcours.
Bref, tout est toujours plus compliqué que ne croient ceux qui prétendent mettre de l’ordre dans le chaos. Des questions essentielles appellent des réponses toujours renouvelées. Que faut-il produire ? Que faut-il enseigner ? Que faut-t-il apprendre ?
Nulle bureaucratie ne peut répondre. Nul dirigisme ne peut prétendre baliser tous les chemins. Nulle autorité ne peut imposer des choix et réguler les circulations moutonnières. Une redistribution des rôles doit commencer par les sommets.
Nous y reviendrons.
Pierre Auguste
Le 4 janvier 2012















